Brazzaville : le RESSAC a célébré avec faste la journée internationale des peuples autochtones
En marge de la journée internationale des peuples autochtones célébrée chaque le 9 août, Le projet Recherche en Ecologie et Science Sociale en Afrique Centrale, RESSAC en sigle a tenu une communication placée sous le thème : « Contribution des savoirs autochtones à la gouvernance des espaces forestiers en République du Congo » le lundi 18 août 2025 à l’hôtel Lancaster de Brazzaville.
Dans son allocution lors de cette cérémonie, docteur Jean Pierre Guede Ngono de RESSAC a indiqué : « Cette journée est pour connaître le rôle central dans la gouvernance de forêts et pour réfléchir à notre responsabilité collective envers la planète et envers nos enfants. Nos forêts en République du Congo sont plus qu’un patrimoine naturel. Elles sont le souffle de notre nation, le foyer de milliers d’espèces et la maison de communautés autochtones qui depuis les siècles connaissent l’arbre, chaque plante, chaque centime. Ces avoirs ancestraux se transmettent des générations en générations. Ils nous enseignent la résilience, l’équilibre et le respect de la nature ».
A l’en croire, ces savoirs sont au cœur de la gouvernance forestière. Ils nous rappellent une vérité simple est fondamentale. La science seule ne suffit pas. Des savoirs autochtones sont la clé de la durabilité. Grâce au projet RESSAC les communautés locales ont été valorisés. Leur voix compte, leurs pratiques sont reconnues, leurs experts deviennent une boussole pour les politiques publiques.
« Les territoires forestiers sont mieux cartographiés et mieux protégés grâce à l’alliance traditionnelle et de la science moderne. Les jeunes générations se sont impliqués pour savoir que ces avoir ne se perdent jamais. Le message d’aujourd’hui va au-delà de la célébration. C’est un appel à l’action aux décideurs et aux autorités d’assurer la sécurité forestière des communautés autochtones, d’imaginer leur savoir dans les décisions sur les forêts. A vous partenaires internationaux et institutions d’investir dans la transmission de la préservation de savoirs autochtones, soutenir leurs initiatives et leur inclusion pour le développement durable. A vous citoyens et acteur du changement de respecter la forêt, valoriser les savoirs traditionnels, devenir les alliés de ceux qui protègent notre planète depuis les siècles. Que RESSAC soit le symbole d’un Congo qui écoute et qui protège. Nous avons les savoirs, la volonté, la responsabilité, ensemble nous ferons en sorte que nos forêts, nos communautés et nos traditions soient protégés valoriser pour le Congo, l’Afrique et pour le monde », a recommandé docteur Jean Pierre Guede Ngono.
Dans la même veine, le représentant de la société civile le professeur Guy Moussavou a lancé un appel solennel aux décideurs et aux partenaires au développement d’intégrer les attentes des peuples autochtones dans la prise de décision qui concerne leurs vies et leurs territoires.
« Cette célébration c’est un moment de reconnaissance et de responsabilité en République du Congo. Et quand on dit : des autochtones au Congo sont les Baka, les Babi, les Bangongo etc… Ils sont bien plus que les habitants de la forêt. Ils sont les gardiens de la biodiversité, les détenteurs des savoirs ancestraux et les acteurs essentiels de la résilience écologique et culturelle de notre pays », a indiqué le Professeur Guy Moussavou. Et de renchérir, en dépit des efforts de gouvernement et ces partenaires notamment l’Union européenne ( UE ) et autre qui partenaires appuient le gouvernement par la mise en place de la loi n°5 portant promotion et protection des peuples autochtones par l’organisation du premier forum international sur les peuples autochtones d’Afrique centrale et par le dernier congrès mondial des peuples autochtones qui a été organisé à Brazzaville les communautés autochtones continuent toujours à faire face à des injustices et des défis multiples. Nous pouvons citer l’accès limité à la terre et aux ressources, la marginalisation économique et sociale, la faible reconnaissance de leur savoir et pratique traditionnelle dans les politiques.
La protection des peuples autochtones n’est pas une ambition mais un impératif moral et légal de droit à la terre, à la culture, à l’éducation, la santé. Et la participation politique doit être garantie pour tous les peuples autochtones du Congo. Nous saluons les initiatives telle que le projet RESSAC qui reconnaît et valorise le savoir autochtones dans la gestion durable des forêts mais nous appelons toutes les parties prenantes autorités, institutions et partenaires que la reconnaissance doit se traduise en action concrète, la parole doit être suivie de mesures qui protègent les terres, préserver la culture et soutenir les communautés.
« En soutenant les initiatives qui renforcent l’autonomie et la résilience des communautés autochtones, la société civile et les citoyens deviennent les alliés, des témoins et des protecteurs de droit et savoir autochtones. Le Congo a une chance unique celle de devenir un exemple pour l’Afrique centrale et le monde», a conclu le Professeur Guy Moussavou.
Marie Rose Mbingu
