Journée mondiale du Tourisme 2026 : le Congo veut faire du numérique et de l’intelligence artificielle les moteurs de son tourisme

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A l’occasion de la Journée mondiale du Tourisme célébrée le 27 septembre, les autorités de la République du Congo ont fait du numérique et de l’intelligence artificielle les leviers d’un secteur qu’elles veulent porter de 3 % à 10 % du PIB.
La 47ème Journée Mondiale du Tourisme a été célébrée à l’hôtel Hilton de Brazzaville, dans les Tours Jumelles, sous l’égide d’ONU Tourisme.
Le thème de cette édition, « Le numérique et l’intelligence artificielle pour repenser le tourisme », a servi de fil conducteur aux interventions des autorités.

Des voyageurs qui ont changé leurs habitudes

Le Directeur général du Tourisme, Christian Ebale, a ouvert les échanges en invitant l’assistance à réfléchir à la manière dont ces technologies peuvent permettre au pays de franchir une nouvelle étape, à une époque marquée par une transformation profonde des habitudes des voyageurs.
Aujourd’hui, a-t-il rappelé, les touristes préparent leurs séjours en ligne. Ils comparent les destinations, consultent les avis, réservent leur hébergement, choisissent leurs activités et partagent leur expérience sur les réseaux sociaux. Cette révolution impose de repenser la manière de promouvoir et de gérer la destination Congo.
Le numérique offre aussi des possibilités considérables pour améliorer la visibilité du pays et faciliter l’accès à l’information touristique, grâce aux plateformes numériques, aux réseaux sociaux, aux applications mobiles et aux visites virtuelles. Les sites touristiques congolais peuvent désormais être présentés au monde entier.

Protéger la biodiversité, sans faire de la technologie une fin en soi

Christian Ebale a également souligné l’apport des nouvelles technologies dans la conservation : surveillance des espaces naturels, lutte contre le braconnage, préservation de la biodiversité. Il a toutefois prévenu que la technologie ne doit pas être une fin en soi. Elle doit rester au service de l’homme, du développement durable et des communautés locales. Il a appelé à renforcer les capacités des « professionnels du secteur », à encourager l’innovation et à « favoriser la collaboration ».

Selon lui, cette collaboration doit associer étroitement les pouvoirs publics, le secteur privé, les jeunes, les communautés locales et les partenaires au développement.
Le patrimoine naturel et culturel du Congo constitue une richesse à mieux valoriser. L’enjeu est désormais de bâtir, grâce au numérique et à l’intelligence artificielle, un tourisme plus moderne, plus compétitif, plus durable et plus inclusif.
Le Directeur général a invité tous les acteurs à faire de l’innovation et de la transformation numérique un levier essentiel du développement du secteur. En conjuguant patrimoine, compétences, créativité et nouvelles technologies, le Congo peut devenir, a-t-il dit, une destination moderne, attractive et durable, capable de contribuer à la diversification de l’économie nationale et à l’amélioration des conditions de vie des populations. Il a enfin remercié le Président de la République, Denis Sassou Nguesso, pour la place accordée au tourisme dans la politique nationale de développement.

Objectif : 10 % du PIB

Le ministre délégué auprès du ministre de la Culture, des Arts, de l’industrie touristique et du Patrimoine national, chargé de l’industrie touristique en République du Congo, Prince Bertrand Bahamboula, a ensuite précisé les ambitions du gouvernement. Le tourisme ne représente aujourd’hui qu’environ 3 % du produit intérieur brut. « Nous nous fixons un cap clair et ambitieux : porter cette contribution à 10 % », a-t-il indiqué « citation à vérifier ».
Pour le ministre, chaque point de croissance du secteur sera « une promesse tenue » pour la jeunesse. Il a affirmé que l’intelligence artificielle, la géolocalisation et les données numériques permettront de « mieux faire connaître le pays » et d’ouvrir au monde la splendeur de son patrimoine. Le ministre a inscrit cette transformation dans la vision du Chef de l’État et de son projet de société, l’accélération de la marche vers le développement, qui impose « un devoir de modernisation sans relâche » [citation à vérifier].
Commentaire : de l’ambition à la mise en œuvre
Passer de 3 % à 10 % du PIB est un objectif ambitieux, qui suppose de plus que doubler la contribution du secteur. Les discours ont posé le cap et les outils : visibilité en ligne, applications mobiles, visites virtuelles, surveillance des espaces naturels. Reste à savoir comment ces outils seront déployés et sur quel calendrier. Aucun échéancier ni aucun budget n’ont été communiqués lors de la cérémonie, à en juger par les interventions rapportées ici.
Le numérique ne remplace pas l’offre. Pour qu’une destination bien promue en ligne tienne ses promesses, elle doit aussi disposer d’hébergements, de transports, de sites aménagés et de professionnels formés. Le Directeur général l’a lui-même souligné en appelant à renforcer les capacités et à placer la technologie au service des communautés locales. C’est sans doute sur ce terrain, celui de la formation, des infrastructures et de la mise en réseau des acteurs publics, privés et locaux, que se jouera la crédibilité de l’objectif affiché. .

Marie Rose Mbingu

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