Forêts congolaises

Et si la réforme se jouait sur le terrain, pas dans les textes ?
Un universitaire demande au Gouvernement de revoir sa copie sur la politique forestière et le futur Code forestier avant leur adoption.
Dans une tribune datée du 20 octobre 2026, le Professeur Bidoc Augustin Nge Okwe examine la Politique Forestière Nationale 2025–2035 (version de mars 2026) et le projet consolidé de révision du Code forestier de 2002.
Son constat : l’ambition est réelle, mais la cohérence reste à démontrer. Précision utile : le projet de Code forestier n’est pas encore une loi promulguée.
Deux règles pour le même bois. L’article 109 du projet autoriserait certains concessionnaires à exporter jusqu’à 30 % de leur production pendant dix ans. Une rédaction de l’article 109 bis exige, elle, 70 % de transformation locale, puis l’interdiction d’exporter.
Pour l’auteur, cet arbitrage doit être tranché publiquement, à partir d’un inventaire des scieries, de l’électricité disponible et de la logistique.
Les communautés d’abord
Le Professeur demande que le consentement libre, informé et préalable soit une vraie garantie, et non une formalité remplacée par une compensation. Il plaide pour une foresterie communautaire productive (coopératives, produits forestiers non ligneux, transformation locale), sans fragiliser les droits collectifs.
Qui paie, qui contrôle ? Il pointe l’absence d’un plan de financement chiffré, réclame des contrôles mesurés en résultats et une traçabilité des concessions, des volumes et des paiements. Il rappelle aussi que des hectares classés ne prouvent pas, à eux seuls, une conservation effective de la biodiversité.
Dix propositions
Parmi elles : publier les versions authentifiées des textes, adopter une matrice de concordance, présenter un plan de financement 2027–2035 et organiser une revue indépendante après deux ans.
Les dix propositions du Professeur sont désormais sur la table : reste à savoir si le Gouvernement et le Parlement s’en saisiront avant l’adoption définitive.
Joël Mvwama
